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Avia 60 MP

L'Avia 60 MP au meeting de Saint Germain, 17 mai 1936 - via [1]

Année du premier vol : 1936
Pays : France
Développement :

Raymond JARLAUD
et Roger CARTIER

Caractéristiques
Tryptique
Historique

Photothèque
Références
Pas de maquette connue

CARACTÉRISTIQUES
  Type : Avia 60 MP Atelier de fabrication : Ets LOUIS, Pantin  
  Envergure : 15,10 m Vitesse minimale : 35 km/h  
  Longueur : 7,30 m Vitesse maximale : 120 km/h  
Hauteur : xx,xx m Taux de chute mini : 0,9 m/s à --- km/h
  Allongement : 12,2 Finesse max : 19 à xx km/h  
  Surface alaire : 18,2 m² Profil d'aile : Got 654 (emplanture et extrémités, Got 647 au coude  
  Charge alaire : 16,8 kg/m² Nombre de sièges : 1  
  Masse à vide : 220 kg Nombre de machines construites : 1  
  Masse maximale : 350 kg Années de fabrication : ---- - ----  
  Ballast : non Techniques de construction : Bois et toile  
       
L'Avia 60 avait une voilure monoplane en M aplati, implantée médiane-basse sur le fuselage, ce qui avait permis de placer le moteur POINSARD 25 CV, équipé d'une hélice propulsive, en position haute sur un pylône derrière le poste de pilotage.
Cette motorisation donnait une charge au cheval de 12,2 kg/CV, un plafond de 5000 m et un rayon d'action de 600 km)
Cette concentration des masses diminuait l'inertie autour des trois axes et améliorait donc la maniabilité tout en assurant une visibilité totale. Il a même été envisagé d'utiliser l'appareil en planeur pur, en enlevant le moteur, ce qui ne modifiait que très peu le centrage.
  L'empennage horizontal, surélevé sur une arête venant de construction avec l'arrière du fuselage, comprenait un plan fixe recouvert de contreplaqué et une gouverne de profondeur entoilée, compensée par deux becs débordants.

La forme de l'aile, vue en plan, était très originale : doublement trapézoïdale, avec le profil maximum à l'endroit du coude et les bouts d'ailes arrondis. La nervure d'emplanture se raccordait au fuselage par d'importants raccords Karman venant de construction avec ce dernier. La construction est monolongeron avec bord d'attaque en contreplaqué, le tout entoilé.
Deux mâts rigides en V, fixés au bloc moteur, haubanaient la voilure à l'extrados, au droit du coude de chacune des demi-ailes. Celles-ci, de structure monolongeron avec bord d'attaque travaillant, étaient entoilées sur le reste des nervures.
Les ailerons encastrés étaient à commande différentielle (+ 40°/- 18°), ce qui facilitait le virage.
Le fuselage employait la même technique de construction que l'Avia 50 (Le fuselage de l'Avia 50, proche de celui de l'Avia 32E , est de section rectangulaire et composé de quatre longerons en spruce, de montants et de diagonales en peuplier, assemblés sur des cadres, le tout revêtu de contreplaqué). , mais avec des formes moins anguleuses. L'atterrisseur, comme pour un planeur, se compose d'un patin, complété toutefois par deux petites roues, utilisées pour le décollage et relevables en vol.
TRYPTIQUE ET PLANS
Le premier plan 3 vues, extrait de la première édition de [1] m'a été transmis par Philippe Roucayrol et par Christian Ravel.
 

Dessin de Réginald Jouhaud, première édition
(via [1])

Dessin de Réginald Jouhaud, édition 2006
(via [1])


Plan 3 vues de l'Avia 60 MP
dessiné par Claude Visse (via [2])
HISTOIRE

A la fin de l'année 1929, sous l'impulsion de Pierre MASSENET, est créée l'Association pour la Valorisation de l'Industrie Aéronautique (AVIA), qui se donnait pour but le développement du vol à voile en France, la création de planeurs et la propagande aéronautique.. En 1933, les ingénieurs Raymond JARLAUD, directeur technique, et Roger CARTIER, du bureau d'études de l'AVIA commencent l'étude dun motoplaneur, à partir d'une voilure de 32E (planeur conçu par Jarlaud qui volait depuis 1932) et des empennages du 41P. La voilure sera totalement modifiée et le prijet final sera appelé "Avia 60 MP".
Pour l'AVIA, l'objectif du développement de cet appareil était de permettre la prospection de sites de vol et la découverte de leur aérologie, ainsi que l'entraînement au vol thermique dans les meilleures conditions possibles. Dans cet optique, la motorisation était un atout majeur, d'autant plus qu'elle permettait le maintien de l'appareil en altitude, mais aussi le décollage autonome (à grand'peine, toutefois !). Il était essentiellement destiné aux pilotes de planeurs détenteurs du brevet C, mais s'adressait aussi aux pilotes d'avion.


(via [2] Photo Aviation Magazine n° 15, décembre 1950 )
Malgré la motorisation, les qualités voilières du planeur n'avaient pas été négligées, et le dessin de l'appareil était fortement inspiré des meilleurs planeurs de performance de l'époque : ailes en mouette, mais aussi beaucoup moins fréquent, diminution de la corde à l'emplanture et installation d'un volumineux karman afin de limiter les traînées d'interaction ailes-fuselage.
Mais, en partie en raison des difficultés financières dans lesquelles se trouvait l'AVIA à l'époque, le développement du projet fut lent et finalement le prototype construit par les Etablissements LOUIS de Pantin, près de Paris, ne sera achevé qu'à la fin de 1934., juste à temps pour être exposé au Grand Palais, au mois de novembre, lors du 14 ème Salon de l'Aviation.du du 16 novembre au 4 décembre 1934
[7]
Attention : problèmes de dates sur l'exposition au Salon de l'aviation et l'article [6]. A vérifier.

(via [2] photo Pierre Vaysse, commission historique FFVV)
Le motoplaneur vola pour la première fois à Saint-Cyr le 2 avril 1936, piloté par Eric NESSLER et Georges ABRIAL [5]. Il participa aussi au meeting de Saint-Germain le 17 mai suivant.
La vie de l'Avia 60 fut brève : il prit feu en vol, le 28 juin 1936, piloté par NESSLER, qui eut juste le temps de se poser en catastrophe sur le terrain de Beynes. L'épave fut accrochée dans les fermes du hangar et détruite au début de la guerre.

On peut voir 3 autres photos dans [1], nouvelle édition.    

Après avoir construit l'Avia 60, les Ets LOUIS, sous l'impulsion de l'ingénieur BASSOU en dérivèrent un motoplaneur école biplace portant le nom de « Mouette ». Celui-ci possèdait les mêmes éléments que l'Avia 60, mais renforcés dans le rapport des poids. Le moteur était d'une puissance de 32 CV, ce qui permettait des décollages très faciles.
Ses caractéristiques étaient :
Puissance 32 CV
Masse à vide 235 kg
Masse en charge 410 kg
Charge alaire 23 kg/m2
Masse au cheval 12,8 kg/CV
Vitesse maximum 110 km/h
Vitesse minimum 45 km/h
Vitesse de croisière 95 km/h
Plafond pratique 3000 m
Rayon d'action 500 km
Via [1]

RÉFÉRENCES
[1] Les planeurs de l'Avia, 1930-1947, Christian Ravel, Bleu Ciel Editions 2006, réédition d'e l'ouvrage publié en 1992 (?) en collaboration avec Claude Visse.
[2] Documents personnels, Claude Visse
[3] Deux motoplaneurs étudiés par l'AVIA, "Les Ailes" n° 623 du 25 mai 1933.
[4] Avia 60 MP, sujet sur le forum Rétroplane
[5] La semaine de l'aviation légère, "Les Ailes" n° 773 du 9 avril 1936.
[6] Que reste-t-il des avions du Salon de 1936, "Les Ailes" n° 910 du 24 novembre 1938.
[7] Les motoplaneurs AVIA 50 et 60 (France), "L'Aérophile" Salon 1934, numéro hors-série 11bis, 16 novembre- 2 décembre 1934 p 33.
Page mise à jour le 06/12/2025
Des vieilles toiles aux planeurs modernes © ClaudeL 2003 -